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Musiques de travail, musiques de résistance dans le Nord-Caraïbe de l'île de la Martinique.   

Travaux des champs Le sombré en monopiste
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 Le sombré en stéréo
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La colonisation de la Martinique par les Français a débuté vers 1635 dans la Région de Saint-Pierre.

Saint-Pierre, ancienne capitale de la Martinique, a été une plaque tournante dans le commerce d'esclaves. Elle est restée l'un des plus important port des Amériques jusqu'à l'éruption de la Montagne Pelée le 08 mai 1902 qui la détruite totalement. Les riches plantations de cannes à sucre dans l'arrière pays ont contribué à faire sa réputation et sa prospérité. Les communes voisines comme le Carbet, Case-Pilote, Précheur en ont tiré profit.

Le développement de grandes plantations a engendré une concentration d'esclaves s'accompagnant d'un marronage massif. Les esclaves qui s'enfonçaient vers les terres se heurtaient très vite au massif des Pitons au pied duquel ils s'installaient. Cette région de petits plateaux fertiles était aussi convoitée par des affranchis ou un mulâtre qui s'en appropriaient d'un coup de plumes apposé sous un acte. Ce sont les terres de Fond-Saint-Denis, Morne-Vert, Verrier, Grand-Fond, La Démarche. Bien qu'appartenant à différentes communes, cette zone présente une unité géographique, économique, culturelle et humaine.

Après la Révolution anti-esclavagiste de mai 1848, de nombreux affranchis vinrent rejoindre ces groupes déjà organisés. L'agriculture et l'artisanat leur assuraient une large autosuffisance. Les hommes étaient organisés en "Sociétés". Une "société" regroupait jusqu'à quarante hommes d'un quartier qui travaillaient en entraide.

L'entraide se pratiquait pour les travaux importants comme le labour des champs, la fouille des emplacements de cases, le défrichage, etc... Ces travaux étaient rythmés par de la musique.

Le "lasso-tè" est le labour d'un champ

Ce labour peut être accompagné par deux types de musique : le Mason ou le Gran-son selon que le champ est labouré de haut en bas pour effectuer des sillons ou de bas en haut pour un labour régulier. Les musiciens sont en face des laboureurs et se déplacent en fonction de l'avancement du travail.

Pour le Mason il y a des tambours, une ou deux conques de lambi et des chanteurs appelés "crieurs". Ce rythme est très complexe car il sert à commander des coups de houe rapides, pas très puissants et pas toujours a la même cadence. A tour de rôle, les crieurs déclament des faits empreints de merveilleux et les conques s'accordent avec les tambours pour donner ce rythme très syncopé.

Pour le Gran-son, il y a en plus le ti-bois qui lui confèrent un rythme

Plus régulier, le mouvement des houes étant synchrone. Les crieurs chantent un couplet et les "répondeurs" qui sont un "choriste" reprennent un refrain.

La veillée de manioc est la nuit pendant laquelle on fabrique la farine de manioc.

Le travail le plus pénible qui consiste à râper le manioc se fait au son d'une musique appelée le Gragé manioc.

On retrouve les mêmes instruments que dans le Gran-son, sauf les conques de lambi.

Il existait d'autres musiques spécifiques à des tâches telles que le déplacement des énormes troncs servant à fabriquer les gommiers, "l'enterrage" des cases qui consiste à piétiner le mélange de terre, de paille et de bouse de vache qui servait à fabriquer les murs.

Du fait du changement du mode de vie en Martinique, l'avènement d'engins mécaniques notamment, cette musique tend à disparaître de notre culture.

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