Avec nos remerciements à Marie Claude Mioche, professeur de lettres, pour les textes et les recettes.


Il s'agit toujours à Athènes ou à Sparte de repas d'hommes: les femmes sont rigoureusement exclues de ces réunions de la vie sociale comme de toutes celles de la vie politique.
D'après R.FLACELIERE, La vie quotidienne en Grèce.
Le mot symposion que nous traduisons par banquet signifie proprement
"réunion de buveurs". Pour bien comprendre, il faut savoir que tout repas prié et tout
banquet de confrérie religieuse ou d'association comportait deux temps successifs:
premièrement la satisfaction de la faim par le repas proprement dit, ensuite et
d'ordinaire beaucoup plus longue, l'absorbtion de boisson, généralement de vin,
accompagnée de toutes sortes de distractions prises en commun et variables selon les lieux et les époques: conversations, jeux d'esprit, audition de musique, spectacles de danse ..etc.
Mais il ne faudrait pas penser que la première partie excluait toute boisson, et la seconde tout aliment solide.Nous savons au contraire que les convives, tout en mangeant pouvaient se faire servir à boire, et qu'ensuite, au cours du symposium proprement dit, ils continuaient souvent, pour exiter la soif à grignoter des desserts (tragèmata): fruits frais ou secs, gâteaux, fèves ou pois chiches grillés..etc.
D'après R.FLACELIERE, La vie quotidienne en Grèce.
Arrivé à la maison de l'hôte, on se déchausse et les esclaves vous lavons les pieds, puis on passe dans la salle du banquet. Les convives sont souvent couronnés de feuillages ou de fleurs, en général ils mangent couchés ou plutôt les jambes étendues sur un lit de repos, le torse soutenu par des coussins et des traversins. Le nombre et la disposition de ces lits étaient variable: d'ordinaire, deux convives, quelquefois trois, s'allongeaient sur un même lit. Les places les plus honorifiques se trouvaient au côté du maître de maison. Les tables sont petites et portatives, les esclaves disposent les mets en portions toutes préparées dans des vases ou des plats.
Dès que les convives sont installés, les serviteurs leur présentent l'aiguière et le bassin pour qu'ils se lavent les mains: on mangera ensuite la plupart des mets avec les doigts. Le souper commence souvent par le propoma: il s'agit d'une coupe de vin aromatisé que l'on boit à la ronde avant de manger. Il n'y a pas de serviettes de table: on s'essuie avec des boulettes de mie de pain que l'on jette ensuite avec les autres déchets aux chiens de la maison qui circulaient entre les pieds des tables.
La boisson la plus répandue était certainement l'eau, dont les gourmets savaient apprécier le goût et la fraîcheur. On buvait aussi du lait, surtout du lait de chèvre, et une sorte d'hydromel, mélange de miel et d'eau. Mais la vigne fournissait la boisson royale, le présent de Dionysos.
A la campagne, après les vendanges, on goûtait le vin doux. La fabrication du vin était assez différente des procédés actuels: la fermentation en cuve n'était pas pratiquée de façon prolongée ni systématique, si bien que la conservation était difficile. Pour l'assurer, on mélangeait au vin de l'eau salée ou d'autres ingrédients: on ajoutait souvent des aromates, tels que du thym, de la canelle, parfois aussi du miel; on faisait également du vin cuit.
Le vin destiné à la consommation sur place était mis dans des outres en peau de chèvre ou en peau de porc. Celui qui devait être exporté était versé dans de grandes jarres de terre cuite (pithoï), puis dans des amphores également en argile, dont les parois intérieures avaient été enduites de poix.
Les vins de Thassos, de Chios, de Rhodes de Lesbos et d'autres lieux étaient particulièrement renommés.
Certains convives qui n'ont été invités que pour le symposion proprement dit peuvent arriver après la fin du souper. Le symposion commence par des libations en l'honneur des dieux et surtout de Dionysos: ce sont de petites quantités de vin que l'on verse sur le sol en invoquant le nom du dieu. Puis on chante un hymne à Dionysos.
On désigne ensuite, souvent par le sort, au moyen des dés, le "roi du banquet" (symposiarque) dont la fonction principale sera de fixer le mélange de vin et d'eau que l'on boira et de décider combien de coupes chaque convive devra vider. Le symposiarque peut aussi décider du thème de la conversation. On parle et on boit à tour de rôle à la santé de tous les assistants.
D'après R.FLACELIERE, La vie quotidienne en Grèce.
La recherche de l'ivresse est rythmée par des spectacles et les divertissements de toute sortes sont inséparables eux aussi du bon déroulement du symposion. Aux musiciennes et aux danseuses louées à l'extérieur, on confie le soin d'entretenir le gaîté des convives et on considère la musique comme indispensable aux plaisirs. Les peintres grecs représentent toujours, aux côtés des convives ces jeunes femmes plus ou moins vêtues, dansant en mesure au son de la flûte ou de la lyre, et bien souvent les soupeurs eux-mêmes se font musiciens pour accompagner les évolutions des danseuses. Plus rarement, de jeunes garçons participent aussi à ces exercices chorégraphiques.
La danse n'est pas le domaine exclusif des professionnelles louées pour distraire les convives. Les hommes eux-mêmes se lancent dans des figures chorégraphiques. C'est ainsi que le cordax, une danse d'origine lydienne, a chez les anciens une solide réputation d'indécence. cependant on met une condition à ce divertissement: les hommes doivent avoir atteint un degré d'ivresse suffisant pour s'y livrer et il est considéré comme un manque d'éducation de danser à jeun.
Les spectacles d'un symposion peuvent aussi être plus sophistiqués lorsque l'hôte au lieu de se contenter de louer quelques filles pour la soirée, s'adresse à un véritable organisateur de spectacles en lui demandant de venir présenter à ses hôtes ses numéros.
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Plus la nuit avance, plus les défis deviennet absurdes: le symposiarque ordonne aux chauves de se peigner, aux bcgues de chanter et aux boiteux de se livrer à des exercices d'équilibre. Les convives tentent de vider leurs coupes en se tenant sur une seule jambe, ce qui, au fur et à mesure que l'ivresse augmente devient de plus en plus problématique.
D'après C. SALLES, Les bas-fonds de l'Antiquité.
Le jeu qui, à l'époque classique, remporte le plus de succès, c'est le cottabe aux implications à la fois érotiques et dionysiaques. Curieux jeu que celui du cottabe venu de Sicile et pratiqué par les grecs au Vième et au IVième siècles avant Jésus Christ. le buveur doit vider le contenu d'une coupe et lancer les dernières gouttes de vin restées dans cette coupe en direction d'un vase ou d'une coupe placée à une certaine distance. En accomplissant cet exercice d'adresse, le buveur prononce le nom de la personne, homme ou femme, qu'il désire. Si le jet de vin atteint le but fixé en rendant un son harmonieux, le joueur a la certitude de posséder la femme ou le jeune garçon dont il a invoqué le nom.
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Aucune orgie n'aurait su, à l'époque classique, se dispenser de ce jeu et on a même trouvé sur les murs d'une tombe, près d'Alexandrie, un dessin représentant deux squelettes se livrant au jeu du cottabe en présence de deux autres squelettes !
L'intention profonde de ce divertissement peut nous laisser perplexes et très probablement sa signification est devenue de plus en plus obscure pour les grecs eux-mêmes, puisque le cottabe n'est plus mentionné après le IVième siècle av. JC.
Nous retrouvons dans ce jeu trois éléments indispensables au banquet: l'absorbtion de vin, le tour d'adresse et l'érotisme. Pourquoi les grecs lui donnent-ils une place privilégiée dans leurs plaisirs? Le cottabe perpétue sans doute, sous une forme dégradée, un rite propre à honorer Dionysos.
D'après C. SALLES, Les bas-fonds de l'Antiquité.
Le bain fini, on allait dîner. C'était un des moments de la journée que l'on consacrait à l'amitié et il était fort habituel d'être conviv, lorsqu'on n'avait pas soi-même d'invités. Il en allait ainsi des gens les plus simples. Mais naturellement les gens riches s'offraient mutuellement des repas fastueux.
Les Romains eux-mêmes se sont plu à critiquer, en termes souvent violents, le luxe de la table. Il semblerait, à les entendre que leurs contemporains se soient ingéniés à dépenser des fortunes pour satisfaire leur gourmandise ou leur fantaisie. En réalité, lorsque nous examinons les témoignages objectifs nous sommes frappés de la frugalité par rapport à laquelle les moindres recherches faisaient figure d'extravagances. Les marchés urbains, tels que nous les voyons aujourd'hui auraient paru monstrueux aux Romains de l'époque républicaine, qui se scandalisaient que l'on osât cultiver les aspaerges pour en améliorer les espèces au lieu de se contenter de variétés sauvages.
D'après P. GRIMAL, La Civilisation Romaine.
Sous l'Empire, il existait un art de la cuisine dont nous pouvons avoir quelque idée grâce à un livre qui nous est parvenu sous le nom d'Apicius, un gourmet célèbre. Cette cuisine est très riche en épices, en herbes, tantôt indigènes, tantôt importées d'Orient.
On emploie volontiers le poivre, soit en grains, soit pilé au mortier, le cumin, le fenouil, le persil, l'origan, le silphium (une ombellifère odorante originaire de Cyrénaïque et dont l'espèce a sans doute aujourd'hui disparu), et surtout le garum.
Ce garum qui entre dans la plupart des préparations, est analogue au nuoc-mam des Indochinois: c'est une macération sous le sel d'intestins de poissons, principalement de thons et de maquereaux. Ce produit, de saveur très forte était fabriqué un peu partout dans le bassin de la Méditerranée; on estimait srtout celui qui provenait de Gadès (Cadix).
D'après P. GRIMAL, La Civilisation Romaine.