VICTOR HUGO



Un génie précoce

Victor Hugo naît en 1802 à Besançon. Il est le fils du commandant Hugo, futur général d'Empire. Alors qu'il est élève au lycée Louis-le-Grand, sa vocation se dessine rapidement. Dès 1816, il affirme : Je veux être Chateaubriand ou rien. Ses Odes (1822), lui valent une pension royale. Il épouse alors Adèle Foucher, se rapproche de l'Église et professe des opinions monarchistes. Son orientation litttéraire, ainsi que ses convictions politiques sont encore mal définies.

De la bataille romantique à la gloire

En 1827, animateur du cercle de jeunes écrivains appelé le "Cénacle", il s'affirme romantique et libéral. Il publie la même année Cromwell, drame en vers dont la préface définit le drame romantique et confère à son auteur l'autorité d'un chef de file. Peu après, Les Orientales (1829), tout en se faisant l'écho d'un double intérêt, pour l'exotisme oriental et pour la Grèce, témoignent de la qualité de son sens poétique et de sa virtuosité rythmique. Un an plus tard, la bataille d'Hernani (le 25 février 1830) oppose les "Jeunes France", dont Gérard de Nerval et Théophile Gautier, aux "perruques", partisans de la doctrine classique, à l'occasion de la première représentation d'Hernani. Victor Hugo accède ainsi à la gloire. Le romantisme hugolien s'exprime aussi dans le domaine romanesque avec la publication de Notre-Dame de Paris (1831). Durant les dix années qui suivent, Hugo publie quatre recueils lyriques, dont Les feuilles d'automne (1831), où commence à se dessiner une esthétique poétique des sons et du rythme destinés à susciter de grandes émotions. En 1838, Ruy Blas est perçu comme le chef-d'oeuvre du théâtre romantique. Rien ne vient ternir sa gloire, jusqu'à la tragédie de la mort de sa fille Léopoldine, en septembre 1843.

De la douleur du père à la ferveur du Républicain

Pour se détourner de son désespoir, il entre dans l'action politique, continuant d'écrire, mais sans rien publier. En 1848, il est élu à l'Assemblée constituante. D'abord favorable au prince-président Louis Napoléon, il passe bientôt dans l'opposition, prenant position contre la peine de mort et l'injustice sociale. Au moment du coup d'État du 2 décembre 1851, il essaie même de provoquer un soulèvement populaire et se trouve contraint à l'exil.
Commencent alors pour lui une nouvelle carrière et une nouvelle vie. Son exil dure près de vingt ans, d'abord à Bruxelle, puis à Jersey et Guernesey, où il s'installe successivement avec les siens. C'est là qu'il compose Les Châtiments (1853), recueil vengeur qui dénonce le Second Empire et Napoléon III. Dans Les Contemplations (1856), il évoque avec tendresse le souvenir de Léopoldine disparue. C'est le temps des oeuvres graves et de l'épopée humaine, qu'il illustre dans le recueil poétique intitulé La Légende des siècles (1859), ainsi que dans le célèbre roman Les Misérables. Au début de la guerre de 1870, Hugo songe à rentrer en France : il est à Paris dès le lendemain de la proclamation de la République, le 5 septembre 1870.

La vieillesse

Il passe le temps de la Commune (printemps 1871) entre la Belgique et le Luxembourg, puis est élu sénateur en 1876. Il est devenu l'idole de la gauche républicaine et l'écrivain populaire par excellence. À sa mort, le 22 mai 1885, ses funérailles nationales ressemblent à une apothéose.


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