CHATEAUBRIAND
Une jeunesse de rêves et d'aventures
François-René de Chateaubriand, né à
Saint-Malo en 1768 dans une famille aristocratique, est d'abord tenté par une
carrière religieuse; mais il s'aperçoit qu'il n'a pas de vocation. Il
passe ses jeunes années dans le château familial de Combourg où
il se livre à des rêveries passionnées en compagnie de sa soeur
Lucile, aussi exaltée que lui. En 1786, il entame une carrière
militaire, et s'embarque en 1791 pour le Nouveau Monde. De retour en France
l'année suivante, il se laisse marier, puis quitte aussitôt sa femme
pour s'engager dans l'armée des princes. Blessé au siège de
Thionville, il se réfugie à Londres, où il survit
misérablement (1793-1800).
Les débuts littéraires
En 1800, de retour en France, il publie Atala (1801), roman
destiné à illustrer l'harmonie de la religion et des élans du
coeur, ainsi que Le Génie du Christianisme (1802). Il est alors
célèbre. Après un bref passage dans la diplomatie
française à Rome, il rompt brutalement avec Napoléon à la
suite de l'exécution du duc d'Enghien (1804). Il rencontre à cette
même époque plusieurs femmes qui l'influencent : Pauline de Beaumont,
Delphine de Custine, puis Nathalie de Noaille. C'est le moment où il
décide de faire un grand voyage autour de la méditerranée
(Grèce, Asie Mineure, Terre sainte, Espagne), voyage retracé dans
Itinéraire de Paris à Jérusalem. Lorsqu'il est élu
à l'Académie française en 1811, son hostilité
réaffirmée pour le régime en place lui vaut de ne pas être
admis à siéger. La chute de l'Empire napoléonien constitue un
tournant dans sa carrière politique (1815).
Les incertitudes et les déceptions politiques
Sa vie est ensuite une succession de disgrâces et de retours
en faveur : nommé Pair de France en 1815, il est ambassadeur à Berlin,
puis à Londres. Mais Louis XVIII n'apprécie guère son
caractère ombrageux. Après avoir refusé en 1830 de servir la
nouvelle monarchie, il se retire définitivement de la scène politique.
Entre temps, il a publié Le Dernier Abencérage (1826), les
Natchez (1826), Voyage en Amérique (1827) et travaille à la
publication de ses Oeuvres complètes. Il reprend la rédaction de son
oeuvre maîtresse, les Mémoires
d'outre-tombe, ébauchée en 1803 à Rome. C'est un ouvrage
considérable par son volume et son originalité : conçu d'abord
comme le récit autobiographique d'une vie, il se transforme peu à peu
en un véritable monument où se confondent la vie de l'écrivain,
son rôle politique et l'Histoire. Le livre est écrit dans une prose
lyrique et harmonieuse, dominée par la poésie du souvenir et de la mort
et mêlée de tonalité épique. Achevés en 1841, les
Mémoires d'outre-tombe furent publiés en feuilleton à
partir de 1848, peu de temps après la mort de l'auteur, dont le corps repose,
selon ses propres volontés, dans l'îlot du Grand-Bé à
Saint-Malo, face à la mer.
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