BAUDELAIRE



Charles Baudelaire naît en 1821. Le remariage de sa mère le soumet à la rude autorité du commandant Aupick, son beau-père. Il fréquente alors la bohème parisienne. Mais pour le soustraire à cette "mauvaise influence", sa famille l'oblige à voyager. Le jeune homme fait vite demi-tour, après un séjour à l'Île Maurice et à la Réunion. Sa part d'héritage lui permet d'être autonome. Il rompt alors avec sa famille.

Un "libérateur" incompris

Commence alors une vie de dandy. Il se lie avec la mulâtresse Jeanne Duval et dilapide sa fortune. Ses premiers textes sont consacrés à la critique d'art. Pour Baudelaire en effet, poésie et esthétique sont indissociables: sa quête s'oriente vers une poésie universelle dont la poésie verbale n'est qu'une des manifestations. Sa vie est alors très mouvementée. Il participe à la révolution de 1848, tente de se suicider et surtout découvre avec enthousiasme l'écrivain américain Edgar Poe dont il fait connaître l'oeuvre par ses traductions. Lui-même écrit et fait éditer en 1857 Les fleurs du mal : ce recueil de poèmes, perçus comme libertins et provocateurs le conduisent, lui et son éditeur, à une condamnation pour "offense à la morale publique et aux bonnes moeurs". Il doit retirer six poèmes. Persuadé d'être incompris du public bourgeois, il compose d'autres poèmes inspirés notamment par Marie Daubrun et Mme Sabatier. Sa réflexion esthétique se complète aussi : s'y expriment ses refus de l'utilitarisme, du naturel, son admiration pour Delacroix et Constantin Guys. Il y définit les critères du beau et la fonction du poète "déchiffreur" de symboles et découvreur d'un monde caché "surnaturnaliste", dans la tradition platonicienne : cette alchimie poétique s'exprime dans l'affirmation: "Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or"

La quête spirituelle

L'existence de Baudelaire continue à être rythmée par la souffrance : délabrement physique et douloureuse quête spirituelle caractérisée par un perpétuel écartèlement entre Dieu et Satan, l'Idéal et le Spleen. À la recherche de la perfection formelle, car le verbe poétique permet de transmuter la réalité, il compose, en s'inspirant d'Aloysius Bertrand, des poèmes en prose consacrés aux rencontres insolites de la ville. Le recueil intitulé Petits poèmes en prose est publié de manière posthume en 1869. Miné par la syphilis, il s'éteint en 1865.

Retour au sommaire des textes

Brigitte

Web for Schools

Festivals

France